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Usage des pesticides : image des jardineries en Pays du Mans

thematiques 1 novembre 2016
Usage des pesticides : image des jardineries en Pays du Mans

La loi Labbé interdit aux collectivités locales et aux particuliers l’usage des pesticides de synthèse à compter, respectivement, du 1er janvier 2017 et du 1er janvier 2019. C’est donc demain que nous devons mettre en œuvre des méthodes et des produits respectueux de l’environnement pour entretenir nos espaces verts et nos jardins.

Le « Pays du Mans » souhaite accompagner les particuliers à s’adapter à cette disposition nouvelle. C’est pour cela qu’il veut amener les magasins de vente de produits phytosanitaires à conseiller les jardiniers amateurs dans l’usage de produits et la mise en œuvre de méthodes plus respectueux de la nature. Il reprend donc sur son territoire, l’action « Jardiner au naturel, ça coule de source».

L’UFC–Que Choisir de la Sarthe, partenaire de l’action, a donc enquêté 27 magasins du Pays du Mans pour faire un « état des lieux ».

Les 27 magasins sont 18 jardineries, dont 7 anciennes signataires de la charte « Jardiner au naturel » et 9 Grandes et Moyennes Surfaces (GMS).

Ces magasins doivent afficher l’annexe de l’arrêté préfectoral du 12 octobre 2010 qui indique les limites des distances à respecter pour l’usage des pesticides vis-à-vis de la proximité des divers points d’eau. Seulement 14 rayons (51 %) sont en règle en la matière (un quinzième affichant un arrêté similaire du Maine-et-Loire). Néanmoins, c’est une amélioration car au début de l’action très peu l’affichait, même parmi les jardineries signataires (en règle ici).

Au niveau des vendeurs, disponibilité et amabilité sont au rendez-vous mais, par contre, seulement 19 sur 27 ont donné des explications plus ou moins satisfaisantes.

Nous avons essayé d’évaluer l’orientation des rayons enquêtés, à savoir s’ils étaient à orientation essentiellement pesticide de synthèse ou à orientation méthode bio ou méthode alternative (autre que pesticide). Ce qui est sûr, c’est que dans 23 rayons on pouvait se procurer du Round’up en libre- service. Seulement 4 rayons, dont 2 signataires n’en proposaient pas. Sur les 27 magasins, 15 sont qualifiés à orientation « pesticide de synthèse » uniquement (55 %), seuls 5 (18 %) sont uniquement à orientation « bio » ou « alternative ». Les autres ont une caractéristique « pesticide » avec en plus du « bio » ou/et de  l’alternatif ».

Cette caractéristique se retrouve dans les réponses aux questions posées. Nous souhaitions se débarrasser de quelques pissenlits sur notre pelouse de moins de 10 mètres sur 10, détruire de l’herbe qui poussait entre les dalles de notre descente de garage et éliminer quelques pucerons de notre rosier. Tout d’abord, seuls 15 vendeurs (51 %) ont posé des questions pour mieux appréhender le contexte de notre demande.

Pour désherber la descente de garage, 7 magasins (dont 5 jardineries), soit 25 % seulement, ont préconisé autre chose qu’un désherbant. Plus de la moitié (52 %) ont conseillé uniquement un désherbant de synthèse !

Pour détruire les quelques pissenlits, seuls 7 magasins (dont 1 GMS), soit 26 %, ont préconisé une méthode « alternative » (l’idéal pour la situation évoquée). Pour détruire les quelques touffes, 13 vendeurs (48 %) ont proposé un désherbant sélectif, dont 11 comme unique solution.

De plus, 44 % des magasins ont conseillé de traiter toute la surface !

Enfin, pour nettoyer notre rosier de ses quelques pucerons, 9 magasins (33 %), dont 8 jardineries, préconisent des produits « bio » contre, quand même 13 (48 %), que des produits non « bio ». Une seule jardinerie signataire oriente sur les larves de coccinelle !

Au travers de ces enquêtes, il ressort que les vendeurs sont obnubilés par le pulvérisateur et les produits chimiques aux seules vertus curatives.

Peu d’entre eux orientent vers des techniques plus naturelles à caractère davantage préventif. Néanmoins, il est à noter la présence assez généralisée de produits de traitement « bio » aux côtés des produits chimiques de synthèse. Cette dualité se retrouve dans les GMS comme dans les jardineries. Avec des jardiniers de plus en plus sensibilisés à la santé de l’environnement et de la nourriture, les « rayons pesticides » sont en mesure de mettre davantage en sourdine leurs conseils du « chimique-curatif » au profit de la promotion de méthodes alternatives à caractère préventif. Les futures enquêtes nous donneront l’évolution réalisée.

Alain André, commission environnement

 

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