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Les Trains Express Régionaux (TER) en Pays de la Loire Le Mans Alençon : une ligne ferroviaire menacée ?

thematiques 6 août 2018

Les dirigeants actuels de la SNCF le reconnaissent maintenant de vive-voix, les lignes du quotidien, particulièrement les lignes TER, ont été délaissées au profit des lignes à  grande vitesse (LGV). Rappelons que pour les TER, la Région finance le matériel roulant et, de plus en plus, l’entretien des lignes. La SNCF gère les infrastructures, le personnel et l’organisation du trafic. La ligne TER Le Mans-Alençon qui a transporté près de 330 000 passagers en 2017, est l’exemple criant des manquements actuels de notre système ferroviaire. Elle concentre les problèmes déjà évoqués au Comité de ligne du 3 avril 2017 à Montbizot : horaires peu satisfaisants, arrêts supplémentaires refusés par la SNCF, pas de personnel dans les gares, vandalisme dans certaines, imprudence lors de la traversée des voies et un état de vétusté  inquiétant des celles-ci. L’état de la ligne est tel que les TER ne dépassent pas les 60 km/h (au lieu de 140 km/h) sur plusieurs portions entre Le Mans et Alençon, ce qui entraîne un allongement conséquent du temps de parcours. Début 2017, SNCF Réseau a détecté, lors d’une inspection, que de nombreuses traverses  étaient dégradées. Les entretoises en métal sur les traverses en béton sont attaquées par la corrosion. Les derniers travaux sur cette ligne datent de 1975. Il y a 43 ans ! Par mesure de sécurité, la circulation des trains a été ralentie sur plusieurs endroits.

Quel avenir pour cette ligne ?

Le rapport récent, Spinetta, qui l’a classée « niveau 7 » pourrait faire craindre à sa disparition. Ce rapport n’est qu’informatif, mais il a suscité beaucoup d’inquiétude chez les usagers et les élus des collectivités traversées. Rappelons que ce n’est pas une « petite ligne ».

Elle fait partie d’un ensemble reliant Tours – Le Mans – Alençon –  Caen, c’est-à-dire quatre chefs-lieux de départements et qu’elle réunit trois régions (Centre Val de Loire, Pays de la Loire et Normandie). Cette ligne est essentielle au développement des territoires mais aussi au bien-être de ses habitants.

Sera-t-elle prioritaire dans la future carte ferroviaire ?

Un Comité de ligne s’est réuni à Sablé, le 24 mai 2018. Le Vice – Président des Pays de la Loire, en charge des transports, s’est voulu rassurant, considérant cette ligne comme une des priorités pour les années à venir. De son côté, SNCF Réseau a présenté un plan d’action. Plusieurs phases de travaux sont prévues, étalées sur plus de 20 ans, pour un budget de 94 millions d’euros. Dans les deux, trois années à venir, les traverses endommagées, ralentissant le trafic seront remplacées. Coût : près de 3 millions d’euros. Dans les 6 à 12 ans, les autres traverses seront renouvelées.  Dans plus de 20 ans, les rails seront changés. Certains considèrent ce planning comme du « bricolage ». Néanmoins, cette annonce a le mérite  de donner un échéancier et un chiffrage des travaux. La question essentielle qui se pose : comment se fera la répartition financière entre Région et SNCF Réseau ? Les autres collectivités  pourraient être sollicitées.

Une halte ferroviaire  à proximité de l’hôpital du Mans, prévue depuis longtemps, aurait enfin  trouvé un financement (près de 8 millions d’euros !). Elle serait mise en service, au mieux, en 2023.

Qui paiera ?

Et en attendant ? Les usagers continueront à subir  retards, annulations inopinées et, en conséquence, perte de crédibilité dans le train. L’UFC -Que Choisir demande que la Région soit vigilante et exigeante envers la SNCF ; qu’elle veille au respect du calendrier et du budget annoncés. La nouvelle tarification des TER en Pays de la Loire, présentée par la Région ne plaide pourtant pas  vers une augmentation des voyageurs avec une hausse sensible des abonnements. Pour l’UFC Que – Choisir, ces hausses de tarifs ne seraient justifiées et acceptables qu’avec une amélioration significative de la qualité de service. Comment justifier une hausse  des abonnements  alors que plus de 12 % des trains sont en retard sur l’ensemble du réseau TER des Pays de la Loire ?

Le premier défi pour la Région est de contraindre la SNCF à un saut de performance sur la qualité de service (ponctualité, rapidité, confort) : cela incitera davantage d’usagers à utiliser le train et permettra le renouveau de la ligne Le Mans – Alençon.

Daniel Galloyer, responsable commission transports, de l’UFC-Que Choisir de la Sarthe

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